Elodie-visuel-1

Qu'est ce qui t'inspire?

Pour moi, comme pour beaucoup d’artistes, ça vient vraiment de moi, de ma vie, de mes expériences, de mes vécus. Je ne suis pas trop raconteuse de choses que je connais moins. Je sais qu’il y a parfois des gens qui aiment inventer des histoires. De mon côté, ça vient vraiment de quelque chose de personnel.

J’en parlais avec Isabelle à une des sessions et elle me disait :  « J’ai vraiment l’impression que ta voix est très féministe », et je pense qu’elle dit ça parce que j’aime écrire des chansons qui parlent de choses peut-être un peu plus osées. J'aime parler d’être femme, de nos expériences, de nos vécus, de nos émotions, sans gêne, très ouvertement. En tout cas, j’essaie. En effet, je veux cette liberté féminine là de m’exprimer comme ça.

 

 

Parle-nous de tes chansons

Un p'tit café parle d’une première rencontre, du coup de foudre, et du désir d'emmener ça plus loin. C’est l’amour entre deux personnes qui sentent quelque chose, mais qui ont de la misère à prendre le pas et à aller plus loin.

Criminal c'est une chanson qui montre l’autre côté de la médaille. Quand tu es dans une relation toxique, ça peut être vraiment difficile de s’en sortir. Quand les deux côtés sont toxiques mais qu’on arrive pas à casser même si ça serait mieux pour tout le monde. Ça explore ces sentiments-là.

Tes cicatrices parle plus d’amitié. Je parle de certains moments quand les gens ont de la misère, quand tu as une journée qui ne va pas bien, que c’est important d’avoir un ami qui peut t’aider, qui peut te soulever, qui peut te soutenir.

En tant que franco-colombienne de souche, est-ce que c'est difficile de choisir le français pour écrire ses chansons?

Écrire en anglais dans les chansons plus pop, je pense que c’est plus facile juste parce que les phrases, les mots, sont moins longs. On a besoin de moins de mots pour dire ce qu’on veut dire. Pour cette raison-là je trouve ça toujours un peu difficile d’écrire en français. Mais j’écris en français depuis quand même assez longtemps. Ce n'est pas que je préfère ça, mais c’est ce que je veux faire, c’est ce qui m’attire, et c’est ce que je veux être en tant qu'artiste. Je suis vraiment attachée à la communauté francophone. Ça fait vraiment partie de mon identité donc ça m’intéresse de continuer ça, même si c’est plus difficile. C’est un peu plus difficile mais c’est un peu plus intéressant aussi. Il y a comme ce mélange-là.

Je baigne dans la culture anglophone et cela fait vraiment partie de qui je suis aussi, alors je me permets d’utiliser quand même l’anglais dans mes textes. Je trouve ça intéressant par exemple d'écrire trois phrases en français, trois en anglais, et de faire un mélange des deux. Je me dirais choyée de cette façon-là de pouvoir utiliser les deux langues. J’adore aussi faire des rimes entre les deux langues, je trouve ça super intéressant. Et d’avoir l’opportunité, si je ne trouve pas une rime en français well, il y a sûrement un mot en anglais qui fonctionne pour ça. Excellent!

As-tu un rituel d'écriture?

Oui, absolument! Il y a des jours, c’est très sec sur la page, puis il y en a d'autres, souvent le soir, où il y a beaucoup plus d’inspiration. Mais je suis ferme croyante qu’il faut passer au travers. Même si tu te sens un peu moins apte à écrire à ce moment-là ou à créer, il faut quand même y aller. Parce que si tu attends toujours le bon moment pour faire les choses, à un moment donné, c’est long.
Et surtout ne rien jeter. Je fais ça depuis que j’ai commencé à écrire vers 15 ans, j’ai tous mes textes. Maintenant je les relis puis des fois je me dis que c’est tellement pas bon (rires)! Mais il y a des idées là-dedans qui pourraient être intéressantes ou des thèmes. Et de toute façon, ces textes-là c’était de la pratique pour où je me trouve maintenant et ça va être la même chose pour plus tard.

J'écris parfois le soir avec un bon verre de vin, seule aussi. Je trouve ça tellement difficile de créer devant quelqu’un parce que c’est un moment tellement vulnérable. C’est pas que je n’aime pas partager ou travailler avec les autres, on a tellement besoin de ça et c’est vraiment important pour ouvrir le processus. Mais entre ces moments-là, moi j’ai besoin de me rapporter à moi, de trouver quelque chose que je peux ensuite présenter puis partir de là.

Même quand ma conjointe est à la maison et que je pratique, je le fais tout bas parce que ça me gêne de faire quelque chose de mauvais devant les autres, avant que ça soit prêt.

Et je pense que beaucoup d’artistes vivent ça. Présenter quelque chose qui n’est pas prêt c’est très difficile.

Elodie-visuel-2