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Qu'est ce qui t'inspire?

J'aime écrire sur les relations, les amitiés, sur les personnes que j’ai croisé dans la vie ou ici à Vancouver,… je mêle aussi un peu de mon passé, ayant grandi à Montréal.

Une de mes chansons, je ne m’en étais pas rendu compte, mais c’est vraiment une prière. Je pensais qu'elle parlait d’une relation, mais en fait elle parle d’une relation avec le spirituel. Je n’étais pas sûr de ma propre chanson!

Comment s'est passé ton travail avec Isabelle?

C’est bien de travailler sa chanson avec quelqu’un qui est capable de te dire: « Écoute ta métaphore ici, je ne la comprends pas » ou « ce choix de mot n’est pas le meilleur ». Cela m’a beaucoup aidé à comprendre le processus et à comprendre comment dire ce que je veux dire en tant qu’artiste.

Je n'avais pas d'attente par rapport à ces sessions de travail. J'essaie d'approcher la vie sans attente de manière générale, c'est mieux pour ma santé mentale!
Non, je voulais juste que quelqu’un lise mes chansons et puis me donne un feedback. Donc de ce point de vue, si j’avais des attentes, je suis pas mal satisfait, j’ai beaucoup appris.

Parle-nous de tes chansons

J’ai signé mon plaidoyer
À la base c’est un chant spirituel hindou. J’ai pris les accords, le texte est en sanscrit. Puis je me suis demandé comment j’exprimerais ça en tant que chanson pop en français. Premièrement, il s’agit d’une relation avec le divin, avec tout ce qui est spirituel. Dans la version que j’ai soumise en juillet, je pensais qu’il s’agissait d’une chanson qui parle d’une relation avec une autre personne, mais ce que j’ai appris d’Isabelle c’est que mon subconscient a pris cette relation et en a fait une relation avec le spirituel.

Le chant en tant que tel c’est très spirituel comme exercice. On est très détachés dans notre société moderne, surtout dans une ville comme Vancouver, les gens viennent d’un peu partout, il n'y a pas vraiment de communauté. Mais les chansons ça crée une communauté.

Autrefois
J’ai écrit un poème qui parle de ma relation avec mon père. On a essayé de travailler pour l’adapter en chanson. Je me suis posé des questions sur l’émotion que je voulais passer et c’était « jadis, c’était plus beau ». Alors on est parti de là.

Mon meilleur ami
Je voulais écrire une chanson très positive. Je voulais écrire sur toutes les choses pour lesquelles je suis reconnaissant dans la vie. Je pense que c’est super important, en tant qu’être humain, d’être reconnaissant.
Moi, je suis reconnaissant parce que j’ai beaucoup d’amis. La plupart de ces amis sont immigrants. Moi aussi je suis immigrant. Je suis né en Hongrie, et j’ai toujours ce sentiment d’être immigré. Alors, je me suis dit que j’allais écrire sur des enfants qui jouent ensemble à la marelle. Puis c’est sorti « les gens d’ici veulent qu’il rentre chez lui » Je voulais vraiment écrire une chanson positive, mais en fait elle est a 75% positive.

 

As-tu un riturel d'écriture?

J'écris des poèmes, j'ai d'ailleurs un recueil qui va sortir cet hiver. Mais une chanson, ce n’est pas un poème!
Quand quelque chose me frappe émotionnellement, il faut que ça sorte. Il n’y a pas de moment.
Mais d’habitude, j'écris la nuit ou le matin. Et ça me vient parfois en anglais, parfois en français. Ça n’est pas sous mon contrôle, ça dépend du contexte linguistique dans lequel j’étais dans cette phase-là de la journée. Donc ça change.

Par contre, ce que j’ai appris avec Isabelle, c’est que quand on écrit une chanson il faut vraiment s’asseoir et avoir un but. On veut trois strophes avec un refrain, peut-être un pont, ou on veut une mélodie. C’est plus un encadrement de ce qui se passe créativement au naturel.

Écrire une chanson ça prend quelques jours. Il faut une émotion, ensuite il faut dormir là-dessus. On peut emmener sa chanson avec soi, faire une marche pour penser à son idée de départ. C’est méthodique, il faut se donner du temps, mais il faut un but.

 

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